Exposition photographique chez Objectif Bastille

Déambulation : Claude Le Guillard photographie les rivages comme des scènes du quotidien

Jusqu’au 31 août 2026, Objectif Bastille présente Déambulation, une série de 22 photographies réalisées entre 2006 et 2010 sur les côtes françaises. Loin d’une recherche de paysage spectaculaire, Claude Le Guillard observe les présences, les usages et les gestes ordinaires qui traversent le rivage.

Du 16 juin au 31 août 2026 22 photographies Objectif Bastille, Paris 12e Entrée libre
Photographie de la série Déambulation réalisée à Saint-Malo le 1er février 2007
Saint-Malo, 1er février 2007 — Photographie de Claude Le Guillard.

Déambulation, photographies de Claude Le Guillard

Objectif Bastille — 11 rue Jules César, 75012 Paris.
Du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 18 h 30.

Jusqu’au 31 août Exposition présentée à Paris

Le rivage, un territoire humain

Le bord de mer occupe une place centrale dans le travail de Claude Le Guillard, mais il ne constitue jamais un simple décor. Le photographe insiste sur ce point : Déambulation n’est pas une série de paysages.

Quelle que soit la météo, la lumière ou l’état du rivage, il photographie dès qu’une situation retient son attention. Une silhouette, un déplacement, une activité ou une construction suffit à transformer l’espace en scène du quotidien.

Les personnages sont souvent petits dans le cadre, parfois presque absorbés par le sable, la brume ou l’horizon. Leur présence reste pourtant déterminante. Elle donne une échelle au lieu et révèle la manière dont chacun l’occupe : marcher, attendre, travailler, jouer, regarder la mer ou simplement traverser l’image.

Le rivage n’est jamais traité comme un décor vide : une présence, un geste ou un usage vient toujours l’habiter.

Photographie de la série Déambulation réalisée au Crotoy le 23 juin 2009
Le Crotoy, 23 juin 2009.

Documenter le quotidien et le banal

Photojournaliste de formation, Claude Le Guillard est photographe professionnel depuis 1995. Après des études d’économie à Rennes, il commence par couvrir des manifestations sociales, puis intègre en 1994 la formation de photojournalisme de l’EMI-CFD, sous la direction de Patrick Frilet et Yan Morvan.

Il travaille ensuite comme pigiste pour la presse nationale et collabore régulièrement, de 1997 à 2000, au magazine Pays de Bretagne comme rédacteur et photographe. Cette expérience du reportage se retrouve dans Déambulation.

Le sujet n’est pas l’événement exceptionnel, mais ce qui risque précisément de passer inaperçu : une plage hors saison, une zone portuaire, un parking vide, un promeneur isolé ou une famille au bord de l’eau. Photographier le banal revient ici à lui accorder une valeur documentaire.

22 photographies présentées dans l’exposition
2006–2010 période de réalisation de la série exposée
6 × 6 format argentique réalisé sur film 120
Depuis 1995 Claude Le Guillard est photographe professionnel
Photographie de la série Déambulation réalisée à Yport le 22 juin 2009
Yport, 22 juin 2009.

Du rivage new-yorkais aux côtes françaises

En 2004, Claude Le Guillard commence un travail sur le rivage new-yorkais. Il parcourt New York à pied et photographie en panoramique, avec un XPan, des zones littorales en pleine mutation.

Déambulation adopte ensuite un format et un rythme différents, mais prolonge cette attirance pour les marges, les zones de passage et les espaces en transformation.

Installé en Bretagne, à Médréac, depuis 2005, le photographe trouve sur les rivages proches un territoire qu’il apprécie et qu’il peut observer dans la durée. Vacances, travail, architecture et usages ordinaires du bord de mer se rencontrent au fil de ses déambulations.

Un Semflex chargé d’histoire

Les photographies de la série ont été réalisées avec un Semflex Joie de vivre 4,5, un appareil bi-objectif utilisant du film 120. Sorti en 1959, il se limite à l’essentiel : une seule vitesse et quatre positions de réglage correspondant aux conditions de lumière.

Cette simplicité technique impose une autre manière de photographier et laisse une place importante aux écarts de rendu. L’appareil possède surtout une histoire familiale : il appartenait à la mère de Claude Le Guillard. Son père le lui avait offert pour photographier la naissance de leur fils.

Des années plus tard, le photographe ressort ce boîtier et commence à l’utiliser sans en connaître précisément le fonctionnement. Les premiers essais visibles dans la série sont réalisés aux Sables-d’Or en août 2006.

De la prise de vue au tirage

Amoureux du tirage, Claude Le Guillard a longtemps passé ses nuits dans les laboratoires. Pour cette série, les négatifs sont numérisés avec un Nikon Coolscan 8000, puis imprimés sur des imprimantes Epson.

Prise de vue

Semflex bi-objectif

Un appareil argentique français sorti en 1959.

Support

Film 120

Les images sont réalisées au format carré 6 × 6, sur film Kodak Portra 400. Chaque pellicule fait 12 poses.

Restitution

Tirage sur papier mat

Le papier mat et le caractère parfois aléatoire du boîtier participent pleinement à l’identité visuelle de la série.

Laisser les choses se produire

La série ne repose pas sur un scénario précis ni sur la recherche d’une image définie à l’avance. Claude Le Guillard avance, observe et accepte que les choses se mettent en place au hasard.

La lenteur de l’argentique, le nombre limité de vues et les contraintes du boîtier rendent chaque déclenchement plus attentif, sans supprimer l’imprévu. Le rendu du Semflex conserve lui-même une part d’incertitude que le photographe ne cherche pas à effacer.

Le fils de Claude Le Guillard photographié au Guilvinec avec le Semflex familial le 2 novembre 2007
Le Guilvinec, 2 novembre 2007 — Le garçon photographié est le fils de Claude Le Guillard, avec le Semflex familial.

Au Guilvinec, une boucle familiale

L’une des photographies prises au Guilvinec le 2 novembre 2007 condense à elle seule l’histoire de l’appareil. Le garçon visible dans l’image est le fils de Claude Le Guillard, photographié avec le Semflex que sa grand-mère avait autrefois utilisé pour photographier Claude bébé.

La relation mère-fils devient ainsi une relation père-fils, puis grand-mère-petit-fils : une boucle familiale se referme autour du même boîtier.

Le lien se prolonge jusque dans l’exposition actuelle, puisque son fils a également participé à son installation chez Objectif Bastille. Les photographies ne documentent donc pas seulement des lieux et des usages : elles conservent aussi des fragments d’une histoire personnelle.

Des images qui deviennent des archives

Réalisées entre 2006 et 2010, les images montrent déjà ce que la photographie documentaire produit avec le temps. Les rivages changent, les bâtiments évoluent, les usages se déplacent et les personnes grandissent.

Ce qui relevait alors d’une scène ordinaire devient progressivement une archive. Déambulation rappelle ainsi que le quotidien, même lorsqu’il semble banal au moment de la prise de vue, constitue une matière essentielle pour documenter une époque.

Informations pratiques

Voir l’exposition

Exposition : Déambulation

Photographe : Claude Le Guillard

Dates : du 16 juin au 31 août 2026

Lieu : Objectif Bastille, 11 rue Jules César, 75012 Paris

Horaires : du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 18 h 30

À propos des tirages

Les tirages présentés sont signés et numérotés dans la limite de 10 exemplaires, auxquels s’ajoutent 3 épreuves d’artiste.

Claude Le Guillard est photographe professionnel depuis 1995. Installé à Médréac, en Bretagne, depuis 2005, il travaille comme artisan photographe et poursuit ses séries documentaires sur les rivages.

Découvrez Déambulation chez Objectif Bastille

Retrouvez les 22 photographies de Claude Le Guillard à Objectif Bastille, du lundi au vendredi, jusqu’au 31 août 2026.

Découvrir le site de Claude Le Guillard

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